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  • : Tapisseries contemporaines de haute lisse et applications
  • Tapisseries contemporaines de haute lisse et applications
  • : FRANCE, Paris Art textile Pièces uniques tissées en haute lice et œuvres préparatoires : Applications textiles, dessins, collages textiles FRANCE, Paris Textile Art (Tapestries and Collages) Im a French contemporary tapestries and collages artist. Single pieces weaving. I use an weaving loom. Topics : myth, landscapes, animals, looks. Enjoy! Thanks for your visit, don't hesitate to post comments...
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  • Marie Claude Deshayes Rodriguez
  • Bienvenue sur mon blog de tapisserie!!! Partez à la découverte de mon parcours, d'aspects techniques du métier, de mes oeuvres... Bonne visite à vous! N'hésitez pas à faire partager mon blog et à me laisser des commentaires!
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Parcours de Marie-Claude Deshayes-Rodriguez

  • 1972-1973

Formation à la technique de haute lisse

par Michèle Delaunay, ancienne élève
de la Manufacture des Gobelins
 
• 1976
Exposition à la galerie  Pferdehof à Vienne (Autriche)
 
• 1981
Membre du Groupe Tapisserie fondé par Michel Thomas
Participation à une exposition collective d'artistes textiles

à la "Boutique sentimentale" (Paris  75015)
Thème de l'exposition : " Micro textile 10 x 10 "
 
• 1985
Thèse de doctorat d'études germaniques en civilisation comparée :
  "L'art textile en RDA et en  RFA (1949 -1981)"
 
• 1992
Exposition à l'atelier Maurice Mourlot,
Rue de la Tombe Issoire (Paris 75014)
 
• 2007
Exposition au musée Singer-Polignac,
Hôpital Sainte-Anne 1, rue Cabanis (Paris 75014)
Thème de l'expostion : " Mythes et Regards "
 
• 2008
Exposition à la Galerie des Editions Caractères,
7, rue de l'Arbalète (Paris 75005)
Thème de l'exposition : " Autour de Pandore"
 
• 2009
Portes ouvertes ateliers d'artistes
le long du parcours de la Bièvre à (Paris 75013)
Plus d'infos sur le site internet : http://www.lezarts-bievre.com/
du 13 au 14 juin 2009

• 2010
45ème Salon d'Arts plastiques de Châtillon
  du 27 mars 2010 au 10 avril 2010
(pièces exposées : tapisseries de Narcisse et de Pandore)

Exposition au Musée Singer-Polignac,
Hôpital Sainte-Anne, 1 rue Cabanis (Paris 75014)
Thème de l'expostion : L'Autre et le Même"
 
• 2011
Portes ouvertes ateliers d'artistes
le long du parcours de la Bièvre à (Paris 75013)
Plus d'infos sur le site internet : http://www.lezarts-bievre.com/
  du 11 juin au 12 juin 2011
de 14h à 20h

 


A VENIR...

 

• 2012
Portes ouvertes ateliers d'artistes
le long du parcours de la Bièvre à (Paris 75013)

Plus d'infos sur le site internet : link

  du 9 juin au 10 juin 2012
de 14h à 20 h

 


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Titre : Tapisseries contemporaines de haute lisse et applications
Description : FRANCE, Paris Art textile Pièces uniques tissées en haute lice et œuvres préparatoires : Applications textiles, dessins, collages textiles FRANCE, Paris Textile Art (Tapestries and Collages) Im a French contemporary tapestries and collages artist. Single pieces weaving. I use an weaving loom. Topics : myth, landscapes, animals, looks. Enjoy! Thanks for your visit, don't hesitate to post comments... Ce site a été créé le 17/12/2006

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MYTHES ET REGARDS

Exposition de Mars 2007

 

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L'AUTRE ET LE MÊME

Exposition de Juin 2010

Images Aléatoires

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  • Les amants d'Orwell
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Références

 

 Pandore

AUTOUR DE PANDORE

 

« À partir du jour où, l’âme en courroux, Zeus se vit dupé par Prométhée aux pensées fourbes, il prépara aux hommes de tristes soucis. Il dit à Prométhée : “Toi qui en sais plus que tout autre, tu ris d’avoir volé le feu et trompé mon âme. Mais pour ton plus grand malheur, comme celui des hommes à naître, moi, je leur ferai présent d’un mal…“

Il dit et éclate de rire, le père des dieux et des hommes. Et il commande à Héphaïstos de tremper d’eau un peu de terre, sans tarder, d’y mettre la voix et les forces d’un être humain et d’en former, à l’image des déesses immortelles, un beau corps de vierge. Athénée lui apprendra ses travaux, le métier qui tisse mille couleurs. Aphrodite sur son front répandra la grâce, le douloureux désir, les soucis qui brisent les membres, tandis qu’un esprit impudent, un cœur artificieux seront, sur l’ordre de Zeus mis en elle par Hermès … Ce dernier met en elle la parole et donne à cette femme le nom de Pandore parce que ce sont tous les habitants de l’Olympe qui, avec ce présent, font présent du malheur aux hommes qui mangent le pain.

Son piège ainsi ourdi … le père des dieux dépêche à Épiméthée le rapide messager et son présent. Épiméthée ne songe point à ce que lui a dit Prométhée : que jamais il n’accepte un présent du dieu olympien, mais le renvoie à qui l’envoie, s’il veut épargner un malheur aux mortels. Il accepte le présent et, quand il subit son malheur, il comprend.

La race humaine vivait auparavant sur la terre à l’écart et à l’abri des peines de la dure fatigue, des maladies douloureuses. Mais la femme, enlevant de ses mains le large couvercle de la jarre les dispersa de par le monde et prépara aux hommes de tristes soucis. Seul, l’Espoir restait là, à l’intérieur de son infrangible prison, sans passer les lèvres de la jarre et ne s’envola pas au-dehors, car Pandore déjà avait replacé le couvercle… Mais des tristesses, en revanche, errent innombrables au milieu des hommes : la terre est pleine de maux, la mer en est pleine… ». 

 

Hésiode : Les Travaux et les jours - Mythe de Pandore

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Les Chimères

CHIMÈRES


La chimère est, dans la mythologie grecque une créature fantastique composite, fille de  Typhon. Elle est généralement décrite comme ayant une tête de lion, un corps de bouc et une queue de serpent, crachant du feu et dévorant les humains. Alors que ce monstre ravageait la région de Lycie, en Asie mineure, le héros Bellérophon reçut du roi Iobatès l'ordre de la tuer. Ce dernier y parvint en chevauchant Pégase. La symbolique de la Chimère est vaste et son nom a été repris pour désigner, dans un sens étendu, toutes les créatures composites possédant les attributs de plusieurs animaux ainsi que les rêves ou les fantasmes et les utopies impossibles.

« Néanmoins, la vie humaine est soumise à la grâce et à la malédiction des images. Ce n’est qu’en images qu’elle peut se concevoir elle-même, impossible de bannir les images, elles sont en nous depuis l’origine du troupeau, elles sont antérieures à notre pensée et plus puissantes qu’elle, elles sont dans l’intemporel, elles enferment en elle le passé et l’avenir, elles sont un double souvenir de rêve et plus puissantes que nous. Il (Virgile) était une image à lui-même, cinglant vers la réalité la plus réelle, porté par des vagues invisibles et s’y enfonçant. L’image du navire était sa propre image, sortant de l’obscurité, faisant route vers l’obscurité, il était lui-même le navire immense qui est aussi l’immensité et il était lui-même la fuite qui tend vers l’immensité, immense, débordant le champ de la vision, débordant les limites de la pensée… »

 

Hermann Broch La Mort de Virgile 

°°°°

« … Là, entre les branches, il y avait quelque chose qui dépassait, quelque chose d’autre, d’étrange et d’imprécis. Et mon compagnon aussi regardait cela.

-Un moineau.

-Ouais.

C’était un moineau. Un moineau à l’extrémité d’un fil de fer. Pendu. Avec sa petite tête inclinée et son petit bec ouvert. Il pendait à un mince fil de fer accroché à une branche.

Bizarre. Un oiseau pendu. Un moineau pendu. Cette excentricité hurlante indiquait qu’une main humaine s’était glissée dans ce taillis.

….

…et c’était comme si j’avais introduit mes chimères dans le monde réel. Je me sentais plus alerte. Je me rappelai qu’avec tout cela j’avais oublié pour

un moment le moineau…

 

Witold Gombrowicz. Cosmos

°°°° 

Jean-Jacques Audubon se lance au début du XIX° siècle dans une entreprise que ses contemporains qualifient de « chimérique » : répertorier les oiseaux de l’Amérique du nord. Sans relâche, il part à l’aventure, dessine, invente des procédés pour donner aux oiseaux l’air de la vie. Il les place dans leur environnement naturel. En 1838, tous ses oiseaux d’Amérique sont gravés et son travail est reconnu par les sociétés savantes d’Europe et d’Amérique.

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Advesperascit  

ADVESPERACIT

 

… « Quand il furent près du village où ils se rendaient, Jésus fit semblant d’aller plus loin. Mais ils le pressèrent en disant : « Reste avec nous, car le soir tombe et le jour déjà touche à son terme ».

 

Évangile selon Saint Luc - Les deux disciples D'Emmaűs

      

« La mer gémit au loin et ses vagues se transforment dans la nuit, en longs fantômes de glace » 

 

Vintila Horia  Dieu est né en exil

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Les amants d'Orwell

LES AMANTS D'ORWELL

 

« …Ils sentaient sur leurs visages les rayons encore chauds du soleil qui s’infiltraient à travers d’innombrables feuilles. Winston regarda le champ qui s’étendait plus loin et reçut un choc étrange et lent. Il le reconnaissait, il l’avait déjà vu… Dans la haie inégale qui était en face, les branches des ormeaux se balançaient imperceptiblement dans la brise et leurs feuilles se déplaçaient faiblement en masse dense comme une chevelure de femme.

-Regardez, chuchota Julia.

            Une grive s’était posée sur une branche à moins de cinq mètres, presque au niveau de leurs visages. Peut-être ne les avait-elle pas vus. Elle était au soleil, eux à l’ombre. Elle ouvrit les ailes, les replia soigneusement, baissa la tête un moment comme pour rendre hommage au soleil, puis se mit à déverser un flot d’harmonie. Dans le silence de l’après-midi, l’ampleur de la voix était surprenante. Winston et Julia s’accrochèrent l’un à l’autre, fascinés». 

 

  George Orwell. 1984

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Androgyne 

LE RÊVE DE L'ANDROGYNE


« Ainsi, c’est depuis un temps aussi lointain qu’est implanté dans l’être humain l’amour qu’il a pour son semblable : l’amour réassembleur de notre primitive nature, l’amour qui, de deux êtres tente d’en faire un seul, autrement dit, de guérir l’humaine nature. Chacun de nous est donc la moitié complémentaire d’un autre qui, coupé comme il l’a été, ressemble à un être unique… »

 

Platon. Le Banquet

 

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Invention de la roue

INVENTION DE LA ROUE

 

« …Premièrement l’espèce humaine comportait en effet trois genres, non pas deux comme à présent, mais outre le mâle et la femelle, il y en avait un troisième qui participait de ces deux autres ensemble et dont le nom subsiste de nos jours, bien qu’on ne voie plus la chose elle-même. Il existait en effet un genre distinct, l’androgyne qui, pour la forme comme pour le nom, participait des deux autres ensemble, du mâle comme de la femelle… Deuxièmement, chacun de ces êtres était, quant à sa forme, une boule d’une seule pièce, avec un dos et des flancs en cercle. Il avait quatre mains et des jambes en nombre égal à celui des mains. Puis, sur un cou tout rond, deux visages absolument pareils entre eux, mais avec une tête unique pour l’ensemble de ces deux visages, opposés l’un à l’autre... Quant à la démarche de cet être, elle pouvait se faire comme maintenant en ligne droite dans la direction qu’il souhaitait. Ou bien, quand il entreprenait de courir vite, c’était à la façon d’une culbute. De même qu’en faisant la roue, on se remet d’aplomb dans la culbute par une révolution des jambes, en s’appuyant sur les huit membres qu’il possédait alors, cet être avançait vite à faire ainsi la roue.

 

Or, il y avait trois genres. Originairement, le mâle était un enfant du soleil, la femelle était fille de la terre, et celui qui participe de l’un et de l’autre ensemble était enfant de la lune, attendu que la lune participe des deux astres ensemble. Et, justement, s’ils étaient tournés en boule, eux-mêmes aussi bien que leur démarche, c’est parce qu’ils ressemblaient à leurs parents. Leur force et leur vigueur étaient d’ailleurs extraordinaires et grand leur orgueil. Or, ce fut aux Dieux qu’ils s’attaquèrent… ».

 

PLaton Le Banquet - discours d'Aristophane

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Hermaphrodite

HERMAPHRODITE GLORIEUX

 

« On demande un nouveau récit à Alcithoé, après que ses sœurs se sont tues. Celle-ci, tout en faisant courir sa navette à travers les fils de la toile dressée sur le métier s’exprime en ces termes :  … “Tu as beau te débattre, méchant, dit-elle, tu ne m’échapperas pas. Ô dieux, exaucez-moi, faites que jamais ne vienne le jour qui nous éloignerait lui de moi ou moi de lui !“ Cette prière eut les dieux pour elle. Leurs deux corps mêlés se confondent et revêtent l’aspect d’un être unique. Quand on rapproche deux rameaux sous la même écorce, on les voit se souder en se développant et grandir ensemble. Ainsi, depuis qu’un embrassement tenace les a unis l’un à l’autre, ils ne sont plus deux et pourtant ils conservent une double forme : on ne peut dire que cela soit une femme ou un jeune homme, il semble n’avoir aucun sexe et les avoir tous les deux. Donc, voyant que, par l’effet de ces eaux limpides où il était descendu homme, il n’est plus mâle qu’à moitié et que ses membres ont perdu leur vigueur, alors, tendant les mains, mais avec une voix qui n’avait plus rien de viril, Hermaphrodite s’écrie : “Accordez une grâce à votre fils, ô mon père, ô ma mère, vous qui lui avez donné vos deux noms, que tout homme qui se sera plongé dans cette fontaine, ne soit plus homme qu’à moitié quand il en sortira“… »

 

Ovide Les métamorphoses IV

 

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Le Déluge

LE DÉLUGE

 

« Il y eut le déluge pendant quarante jours sur la terre ; les eaux grossirent et soulevèrent l’arche qui fut élevée au-dessus de la terre. Les eaux montèrent et grossirent beaucoup sur la terre et l’arche s’en alla à la surface des eaux. Les eaux montèrent de plus en plus sur la terre et toutes les plus hautes montagnes qui sont sous le ciel furent couvertes. Les eaux montèrent quinze coudées plus haut, recouvrant les montagnes. Alors périt toute chair qui se meut sur la terre : oiseaux, bestiaux, bêtes sauvages, tout ce qui grouille sur la terre, et tous les hommes. Tout ce qui avait une haleine de vie dans les narines, c’est-à-dire tout ce qui était sur la terre ferme mourut. Ainsi disparurent tous les êtres qui étaient à la surface du sol, depuis l’homme jusqu’aux bêtes, aux bestioles et aux oiseaux du ciel. Ils furent effacés de la terre et il ne resta que Noé et ce qui était avec lui dans l’arche. La crue des eaux sur la terre dura cent cinquante jours.

Alors Dieu se souvint de Noé et de toutes les bêtes sauvages et de tous les bestiaux qui étaient avec lui dans l’arche. Dieu fit passer un vent sur la terre et les eaux désenflèrent. Les sources de l’abîme et les écluses du ciel furent fermées. La pluie fut retenue de tomber du ciel et les eaux se retirèrent petit à petit de la terre. Les eaux baissèrent au bout de cent cinquante jours et au septième mois, au dix-septième jour du mois, l’arche s’arrêta sur les monts d’Ararat. Les eaux continuèrent de baisser jusqu’au dixième mois et, au premier du dixième mois, apparurent les sommets des montagnes.

Au bout de quarante jours, Noé ouvrit la fenêtre qu’il avait faite à l’arche et il lâcha le corbeau qui alla et vint en attendant que les eaux aient séché sur la terre. »

 

 

Ancien Testament - La Génèse

 

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Grand Narcisse à la huppe 

GRAND NARCISSE A LA HUPPE

 

« Tirésias, dans les villes d’Aonie où s’était répandue partout sa renommée, donnait ses réponses infaillibles au peuple qui venait le consulter. La première qui fit l’épreuve de la vérité de ses oracles fut Liriope aux cheveux d’azur. Jadis le Céphise l’enlaça dans son cours sinueux et, la tenant enfermée au milieu de ses ondes, il lui fit violence. Douée d’une rare beauté, elle conçut et mit au monde un enfant qui, dès lors, était digne d’être aimé des nymphes. Elle l’appela Narcisse. Elle vint demander s’il verrait sa vie se prolonger dans une vieillesse avancée. Le devin, interprète de la destinée répondit : “S’il ne se connaît pas“. Longtemps ce mot de l’augure parut vain. Il fut justifié par l’événement, par l’étrange délire et le genre de mort de Narcisse. Déjà à ses quinze années, le fils du Céphise en avait ajouté une. Il pouvait passer aussi bien pour un enfant que pour un jeune homme. Chez beaucoup de jeunes gens, chez beaucoup de jeunes filles, il faisait naître le désir, mais sa beauté encore tendre cachait un orgueil si dur que ni jeunes gens, ni jeunes filles ne purent le toucher.

         Un jour qu’il chassait vers ses filets des cerfs tremblants, il frappa les regards de la nymphe à la voix sonore qui ne sait ni se taire quand on lui parle ni parler la première, de la nymphe qui répète les sons, Écho. (…)

         Comme cette nymphe, d’autres, nées dans les eaux ou sur les montagnes et auparavant une foule de jeunes hommes s’étaient vus dédaignés par Narcisse. Aussi, quelqu’un qu’il avait méprisé, levant les mains vers le ciel, s’écria : « Puisse-t-il aimer, lui aussi, et ne jamais posséder l’objet de son amour. La déesse de Rhamnonte exauça cette juste prière. Il y avait une source limpide dont les eaux brillaient comme de l’argent. (…)

         Là, le jeune homme qu’une chasse ardente et la chaleur du jour avait fatigué, vint se coucher sur la terre, séduit par la beauté du site et la fraîcheur de l’eau. Il veut apaiser sa soif, mais il sent naître en lui une soif nouvelle. Tandis qu’il boit, épris de son image qu’il aperçoit dans l’onde, il se passionne pour une illusion sans corps. Il prend pour un corps ce qui n’est que de l’eau. Il s’extasie devant lui-même. Il demeure immobile, le visage impassible, semblable à une statue taillée dans le marbre de Paros. (…) Sans s’en douter, il se désire lui-même. Il est l’amant et l’objet aimé, le but auquel s’adressent tous ses vœux. (…) “Ton visage amical me promet je ne sais quel espoir, quand je te tends les bras, tu mes tends les tiens, quand je te souris, tu me souris. Souvent même j’ai vu couler tes pleurs quand je pleurais“. (…) “Mais cet enfant, c’est moi, je l’ai compris et mon image ne me trompe plus. Je brûle d’amour pour moi-même, j’allume la flamme que je porte en mon sein. Que faire ? (…) La mort ne m’est point cruelle, car elle me délivrera de mes douleurs.  Je voudrais que cet objet de ma tendresse eût une plus longue existence, mais unis par le cœur, nous mourrons en exhalant le même soupir“. (…)

Ainsi il dépérit, consumé par l’amour et il succombe au feu secret qui le dévore lentement (…) Il laissa tomber sa tête sur le vert gazon, la mort ferma ses yeux qui admiraient toujours la beauté de leur maître. Même après qu’il fut entré au séjour infernal, il se regardait encore dans l’eau du Styx.  (…) Déjà on préparait le bûcher, les torches qu’on secoue dans les airs et la civière funèbre. Le corps avait disparu. À la place du corps, on trouve une fleur couleur de safran dont le centre est entouré de blancs pétales ».

 

Ovide Les métamorphoses III

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La conférence des oiseaux Traversée du désert

 

LA CONFÉRENCE DES OISEAUX -TRAVERSÉE DU DÉSERT

 

« Les oiseaux du monde se réunirent tous, tant ceux qui sont connus que ceux qui sont inconnus, et ils tinrent alors entre eux ce langage :

« Il n’y a pas dans le monde de pays sans roi. Comment se fait-il cependant que le pays des oiseaux en soit privé ? Il ne faut pas que cet état de choses dure plus longtemps. Nous devons joindre nos efforts et aller à la recherche d’un roi…

En conséquence de ces considérations, tous les oiseaux se rendirent en un certain lieu pour s’occuper de la recherche d’un roi. La huppe, tout émue et pleine d’espérance arriva et se plaça au milieu de l’assemblée des oiseaux. Elle avait sur la poitrine l’ornement qui témoignait qu’elle était entrée dans la voie spirituelle, elle avait sur la tête la couronne de la vérité. (…).

“Pendant des années, j’ai traversé la mer et la terre, occupée à voyager. J’ai franchi des vallées et des montagnes. J’ai parcouru un espace immense du temps du déluge. J’ai accompagné Salomon dans ses voyages… Je connais bien mon roi, mais je ne puis y aller toute seule. Si vous voulez m’y accompagner, je vous donnerai accès à la cour de ce roi. Délivrez-vous de toute présomption timide et aussi de tout trouble incrédule. Celui qui a joué sa propre vie est délivré de lui-même, il est délivré du bien et du mal dans le chemin de son bien-aimé. Soyez généreux de votre vie et placez le pied sur ce chemin pour ensuite placer votre front sur le seuil de la porte de ce roi. Nous avons un roi légitime, il réside derrière le mont Câf. Son nom est Simorg. Il est le roi des oiseaux, il est près de nous et nous en sommes éloignés. Le lieu qu’il habite est inaccessible et il ne saurait être célébré par aucune langue. Il a devant lui plus de cent mille voiles de lumière et d’obscurité ».

(…)

Après avoir longtemps voyagé, les trente oiseaux qui accompagnent la huppe dans la quête du Simorg arrivent dans la demeure de ce dernier.

… »Alors ils furent tous plongés dans l’ébahissement et ils se livrèrent à la méditation sans pouvoir méditer. Comme ils ne comprenaient rien à cet état de choses, ils interrogèrent le Simorg sans se servir de la langue. Il lui demandèrent de leur dévoiler le grand secret, de leur donner la solution du mystère de la pluralité et de l’unité des êtres. Alors le Simorg leur fit, sans se servir non plus de la langue, cette réponse : “Le soleil de ma majesté, dit-il, est un miroir. Celui qui vient s’y voit, il y voit son âme et son corps, il s’y voit tout entier. Vous avez fait un long voyage pour arriver à vous-mêmes“ ».

 

Farîd-udDîn'attar, poète persan (XII siècle) - Le langage des oiseaux

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